Notre club biarritztarrak

Nos Partenaires
Le Comité Directeur
Histoire (J.Etcheverry)
Histoire (J.Casaubon)

Le Comité Directeur

Co-Président : Francis CARTRY AZURMENDI

Vice-Président : Yohan MOCHO

Trésorière : Sandrine HITZE

Quentin ALZA : Membre élu

Didier AUBERT : Membre élu

Claire BARANTHOL / Membre élue

Co-Président : Sébastien CHOY

Joan DAYRE : Membre élu

Fiona GARSES : Membre élue

Bittor LARTIGUE : Membre élu

Audrey SANNIER : Membre élue

Jean Michel SORRAITS : Membre élu

Carole SUHAS : Membre élue

Nos Partenaires

Une page d'histoire (Jean Etcheverry)

Texte de Jean Etcheverry (Dirigeant historique de Biarritztarrak cerclé de rouge sur la photo du Comité Directeur de 1988)

Que signifie ce nom basque, BIARRITZTARRAK ? Étymologiquement il veut dire : ceux de Biarritz. Pour nous, « les amoureux de la pelote », il veut dire (en sous-entendu) : ceux de Biarritz qui jouent à la pelote. Il n’est donc pas étonnant que les fondateurs de la première société de pelote basque qui vit le jour à Biarritz en 1929, aient voulu donner à leur société ce nom de « BIARRITZTARRAK ». Le premier Président en fut M. HIRIART, Inspecteur des Postes à Biarritz, épaulé de très près par un nom célèbre dans la pelote : M. ARRAYET, oncle du champion de France Edouard ARRAYET, et qui était à cette époque instituteur à Biarritz et, malgré son âge avancé, jouait encore et assez bien. M. GACHE, employé au « Biarritz Bonheur » de l’époque (Nouvelles Galeries aujourd’hui), fut leur adjoint dévoué et efficace pour toutes les besognes administratives et de contact.; S’agglomérèrent très vite autour d’eux les « anciens » mordus de la main nue qu’étaient le président HIRIART lui-même, ARRAYET, CAZENAVE, DALBARADE, LOPISTEGUY, … lesquels ont joué tous les dimanches au trinquet Saint-Martin jusque vers l’âge de 70 ans. Vinrent également les frères LABORDE, excellents amateurs, BANCON, DUSSARAT, DIBARRART …

Le dévouement et le dynamisme de tout ce monde-là fit qu’en moins de trois ans le trinquet Saint-Martin inauguré en 1928 et tenu par le grand champion AGARA dit ‘TOUCHANT » devint le centre de la pelote basque et des pelotaris de tout le district de Bayonne, Biarritz et environs. Guidée et entraînée par POUCHANT lui-même, la jeune relève fit tellement de progrès que moins de trois ans après sa fondation, en 1932, « BIARRITZTARRAK » présenta en finale du championnat seniors Trinquet son équipe composée de Jean ETCHEVERRY et Jean-Baptiste LAFITTE qui battit assez aisément l’équipe adverse composée d’ELGART et du jeune BARNETO. Ce fut une très grande joie pour toute la société et une chaleureuse récompense pour tous ceux qui depuis trois ans s’étaient dévoués jour après jour. Avec mon camarade et cher ami LAFITTE, décédé depuis, nous reçûmes la merveilleuse médaille de champion que la Fédération donnait à cette époque : une médaille en argent massif au milieu, entourée d’un cercle en or pur avec d’un côté, l’effigie de l’arbre de Guernika et, de l’autre, un joueur de main nue dans un geste magnifique. Et ce ne fut pas tout car la Ville de Biarritz, fière de ce trophée dont elle était honorée pour la première fois en pelote, y ajouta une belle médaille en bronze massif. Voilà le premier « BIARRITZTARRAK » lancé ; il continua sa marche en accueillant et en entraînant avec amour la cohorte de jeunes qui vinrent à cette société et ce fut la guerre de 1939-1940 qui l’arrêta dans son essor. Lorsque 30 ans plus tard (en 1970) notre Président et ami Robert ERRECARTE, Jacques CAZAUBON et quelques autres décidèrent de créer une société nouvelle pour grouper autant que possible les joueurs de pelote de Biarritz qui, tout en continuant de jouer par-ci par-là s’étaient un peu éparpillés, ils pensèrent que ce n’était qu’une continuation et lui donnèrent le même nom, en hommage en même temps à ceux qui nous ont précédés. Heureuse idée ; il est toujours bon de se relier aux sources. Celui qui écrit ces lignes a la grande joie d’avoir été accepté dans cette nouvelle équipe de dirigeants au milieu de laquelle on trouve un bénévolat et un dévouement total, une franche camaraderie « avec de gais moments d’humour et de taquinerie », la tolérance, le respect des uns pour les autres, grâce à l’amour sacré de notre pelote basque comme passion et ciment d’une solide amitié. Joueurs de pelote, indépendants ou amateurs, je vous adresse un pressant appel. Engagez-vous dans les sociétés de pelote de votre secteur pour aider leurs dirigeants. On a besoin de vous pour que continue indéfiniment le beau geste ancestral que vous avez vous-mêmes pratiqué pendant longtemps, vous êtes les mieux placés pour cela car vous avez le prestige du champion auprès de nos jeunes, et l’expérience. Vous y trouverez pour vous-mêmes l’équilibre, la joie et le sentiment d’être utiles à quelque chose. Cette satisfaction sera votre plus belle récompense, celle qui ne se chiffre pas en argent et que rien ne pourra vous enlever. Nous vous attendons pour la gloire de ce beau jeu et la formation de ces jeunes qui ont besoin d’être compris, dirigés et aimés.

Une page d'histoire (Jakes Casaubon)

Biarritz, le mercredi 15 septembre 1999

Dans le cadre de l’hommage à Robert Errecarte, résumé historique des circonstances liées à la naissance de Biarritztarrak et de son installation à Larrepunte.

Dans la période 1945-1965, de l’après guerre, la pelote basque, à main nue, connut un engouement considérable à Biarritz. Trois associations se dédiaient spécifiquement à la main nue en notre cité dans les spécialités de place libre et trinquet : la Jeanne d’Arc, Luna Park et l’Amicale de la Négresse. Le Biarritz Athlétic Club, club de rugby à 13, venait aussi de créer une section de main nue en mur à gauche. Le Biarritz Olympique comprenait également une section de pelote au grand chistéra et pratiquait aussi, sporadiquement, la main nue.

C’était l’époque de la reconstruction de Biarritz, sinistrée par le bombardement de 1944, et des centaines de jeunes gens de villages avoisinant venaient y travailler. Sur le chemin du retour, se trouvait le bar fronton de Luna Park, et l’active association de pelote organisait un tournoi de place libre où tous les « banlieusards » s’y retrouvaient chaque soir de la belle saison. Un très grand nombre de Biarrots s’y donnait aussi rendezvous et de grandes figures du monde rugbystique n’hésitaient pas à fouler la cancha, les Daguerre, Sorondo et autres Lefort.

De son côté, la Jeanne d’Arc tenait un rôle de premier plan dans le petit monde de la pelote, avec à sa tête, de grandes figures, Jean Etcheverry, Adrien Gorostiague et Albert Dufour. Le dernier titre de champion de France fut remporté par Larretche-Housset, l’actuel dynamique président d’Arbonarrak, en catégories cadets en 1963.

Vers 1965, la jeunesse ne résista pas à l’attrait des sports collectifs et la pelote à main nue subit un déclin terrible à Biarritz, ainsi d’ailleurs, que dans tout le Pays Basque. Le Tournoi de Luna Park s’étiolait d’année en année, et l’Amicale de la Négresse vit aussi ses effectifs fondre comme neige au soleil. Seule, la Jeanne d’Arc, où je venais d’accéder à la tête de la section de main nue, connaissait une certaine vitalité, grâce à l’école de main nue que je venais de créer, vivement encouragé en cela par Messieurs Etcheverry et Miniague, ce dernier récemment élu à la tête du club omnisports.

Cependant, par défaut d’un encadrement suffisant, quasiment esseulé, je me voyais dans l’impossibilité, à moyen terme, de poursuivre efficacement ma tâche d’éducateur. D’autre part, j’observais qu’au sein des associations précitées, des individualités de grandes valeurs, désabusées, vouées au découragement, allaient renoncer à poursuivre leur tâche de dirigeant.

Je conçus le dessein d’aller vers elles et de leur suggérer de nous unir, au sein d’une même association qui naitrait de la fusion de la Jeanne d’Arc, Luna Park et l’Amicale de la Négresse.

Une année s’écoula où, suite à de nombreux contacts, nous pûmes mieux nous connaître, nous tester, oserais-je dire, et nous décidâmes d’une expérience à mener en commun, qui, si elle s’avérait positive, donnerait naissance à la nouvelle association.

Cette expérience consista à organiser en commun le tournoi moribond de Luna Park, et de tenter de lui redonner le lustre d’antan. En cas d’échec, nous nous séparions et la pelote à main nue, place libre et trinquet à Biarritz disparaissait, au même titre que les trois associations précitées.

Un comité d’organisation fut mis sur pied, avec à sa tête, Robert Errecarte et les membres qui suivent, Joseph Campo, René Menta, Léon Noble qui assuma la trésorerie, tandis que j’assumais le secrétariat, Delage, le président de Luna Park, Durrey le populaire Pigeon, Portet, Lajus, Etchevers, François Erdocio et René Handy, notre mécène. (suite…)

Rober Errecarte, entouré d’une équipe expérimentée, donna la mesure des ses facultés d’organisateur et de meneur d’hommes. Le tournoi connut un succès extraordinaire, le plus grand de toute son histoire, et la preuve était faite que la pelote à main nue avait toujours droit de cité à Biarritz.

Dans la foulée, si j’ose dire, nous fondâmes la nouvelle société, que nous baptisâmes Biarritztarrak, en souvenir d’une société du même nom qui connut ses heures de gloire dans les années 30, avec notamment Jean Etcheverry disparu récemment, grande figure de la nouvelle société, et qui fut champion de France en trinquet en 1932 en compagnie de Jean Baptiste Lafitte.

Robert Errecarte, à l’unanimité, prit en mains les destinées de la nouvelle société et j’assumais le secrétariat. Jean Etcheverry, Joseph Campo, René Menta en furent les viceprésidents, Léon Noble, Mayer puis rapidement Henry Guiné se succédèrent à la trésorerie, tandis que Messieurs Biarrote, Chembero, François Erdocio, Etchevers, Tapy, Cherbero, Maunetou, Tisné, animèrent les diverses commissions. Parmi les membres d’honneur figuraient notamment Messieurs Durrey, Handy, Delage et Haurie.

Une heureuse conjoncture fit que le bar fronton de Luna Park, pourvu également d’une vaste salle de bal, fut mis en vente.

Autre heureuse conjoncture, Robert Errecarte était un tout nouveau conseiller municipal particulièrement apprécié par ses concitoyens, et tout particulièrement de Monsieur le Sénateur Maire Guy Petit. Robert n’eu aucun mal à convaincre ce dernier de l’achat de l’établissement par la ville, pour en faire un centre de pelote animé par Biarritztarrak.

Hélas, dans notre enthousiasme, nous ne fumes pas suffisamment discrets, la nouvelle parvint rapidement aux oreilles d’un voisin qui s’empressa d’acheter le bar fronton, pour le convertir en immeuble de location.

Nous nous trouvions désemparés, sans le moindre équipement susceptible d’assurer tant la formation, l’entrainement ou les compétitions de nos joueurs. Luna Park fermé, nous nous réunissions au bar du Polo, chez l’ami Baptiste Rey où, rapidement, nous décidâmes d’une nouvelle stratégie. Le petit fronton à mur à gauche de Larrepunte, déserté et vétuste, était le seul disponible. Nous décidâmes de solliciter de la ville son agrandissement et sa rénovation. Robert Errecarte, avec sa force de persuasion, n’eut aucun mal à convaincre Monsieur Guy Petit, et dans les mois qui suivirent, le fronton vit son mur à gauche et son aire de jeu transformés.

Au Printemps 1970, nous organisâmes le premier tournoi, qui connut d’emblée un extraordinaire succès. Les joueurs d’élite les plus huppés n’hésitèrent pas à s’y inscrire.

L’ami Durrey nous prêta  gratuitement ses gradins amovibles, qu’il utilisait comme arènes pour courses de vaches et des centaines de supporters enthousiastes suivaient passionnément les parties. Plus de 650 personnes s’assemblèrent lors de la finale, remportée par Larroque-Darraïdou sur Soques-Elejalde.

L’association connaissant un développement exceptionnel, la nécessité d’un siège permanent, doublé d’une salle d’accueil et de réunion s’imposait. Cette salle pourrait servir également de lieu de rencontre à la population de la cité Pétricot, récemment érigée. Le fronton, de par l’animation créée autour du tournoi devenait un véritable centre de loisirs et de détente pour ses habitants, les enfants, subjugués par les exploits des joueurs, y trouvaient un terrain propice à de sains ébats et l’ensemble, salle-fronton, pouvait combler un vide important sur le plan socio-culturel. La demande émise par Robert, fut accueillie avec enthousiasme par Monsieur Guy Petit et, à l’automne 71, les murs s’élevèrent jouxtant le fronton et abritant une vaste salle, une cuisine et un petit bureau. L’inauguration donna lieu à une grande fête populaire.

Le succès croissant du tournoi nous conduisit à tenter de convaincre la municipalité de la nécessité de gradins en dur, confortables et susceptibles d’accueillir plusieurs centaines de spectateurs. Vous devinez qui fut notre porte parole auprès de Monsieur Guy Petit et de ses collaborateurs, et comme par enchantement, le printemps suivant fit éclore de superbes gradins érigés par notre regretté compagnon Joseph Campo. (suite…)

Et ainsi, d’année en année, la société atteignit une dimension et un prestige qui la hissèrent aux tous premiers rangs du gotha de la pelote. Victime en quelque sorte de son développement elle se trouva à l’étroit dans les locaux de Larrepunte. D’autre part des installations couvertes lui faisaient cruellement défaut pour les activités d’hiver ou par intempérie.

C’était l’époque où Plaza Berri, ce temple vénérable de la pelote, qui avait connu tant d’années fastes, étaient, vu son état de vétusté, menacé de disparaitre ou du moins de perdre sa vocation initiale. Une fois de plus, Robert Errecarte, soutenu il est vrai par les dirigeants du Biarritz Athlétic Club, de la Jeanne d’Arc et de nombreux biarrots, prit la tête de la croisade pour la sauvegarde du fronton. La ville en fit l’acquisition, le restaura d’une manière exemplaire et en 1977 Biarritztarrak transféra son siège de Larrepunte à Plaza Berri, en assuma par contrat la gérance, tout en gardant celle de la salle de Larrepunte.

Suivirent d’autres années fastes et tous les titres sportifs auxquels peut rêver une association. Puis, sonna pour Robert, aux prises avec un mal pernicieux, l’heure de sa retraite. La succession fut assurée avec compétence par Georges Cazaubon qui s’avéra lui aussi un gestionnaire remarquable et j’exprime toute ma sympathie à la nouvelle équipe qui, sous la présidence éclairée et ferme d’Arthur Pascual assure la pérennité de ce club prestigieux et qui nous est si cher, Biarritztarrak.

Au terme de cette page d’histoire, j’exprime ma gratitude et ma vive sympathie aux épouses de nos chers compagnons disparus qui, par leur présence à cette cérémonie d’hommage, témoignent de leur fidélité envers notre club.

Je me fais l’interprète de nombreux amis de Robert, en remerciant Monsieur le Sénateur Maire et son conseil municipal d’avoir voulu, par l’érection de ce bronze et cette épitaphe, témoigner de la reconnaissance de la cité envers ce grand serviteur que fut Robert Errecarte et de perpétuer ainsi sa mémoire.

Jakes Casaubon